Projet 2015/2016 

Construction d'un local équipé d'un moulin à grains

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La Province du Koulpélogo, à l’instar des autres provinces du pays, est entrée de plein pied dans l’utilisation des machines mécaniques pour la transformation des céréales. Loin d’être un objet de luxe, le moulin à grains est devenu un instrument de développement. Ainsi, tous les villages regroupant un certain nombre d’habitants cherchent-ils à se doter d’un moulin à grains qui, non seulement, les aidera à avoir en très peu de temps une farine de meilleure qualité mais aussi et surtout gagner du temps et de réduire la douleur de la corvée du moulin traditionnel. Le temps ainsi économisé, est réinvesti dans les autres activités économiques (petit commerce, petit élevage domestique, exploitation agricole, …) et à d’autres corvées (bois de chauffe, eau, …).

C’est dire si le moulin à grains est devenu incontournable dans le besoin quotidien des femmes du Koulpélogo.

Un local étant nécessaire pour abriter ce moulin, il sera judicieux de le construire assez grand pour aussi y abriter une réserve communautaire de grains. En effet, les récoltes ne suffisent souvent pas à nourrir toutes la famille jusqu’à la récolte suivante ; on parle de période « de soudure » où les prix grimpent et où il devient aussi, selon les années, difficile de trouver des céréales. Cette réserve permettrait aux villageois de faire une réserve communautaire en achetant du grain bien avant que celui-ci ne devienne rare et donc cher.

Situé à plus de 280 kilomètres de la capitale Ouagadougou, dans le Département de Yondé, Welguemsifou a l’un des taux de scolarité le plus bas du pays, un taux de couverture sanitaire tout aussi faible, un réseau routier lamentable, le tout additionné d’une perpétuation de pratiques traditionnelles néfastes comme le mariage par échange, l’excision, le lévirat…. Il a une population rurale pratiquant l’agriculture, rendant ainsi une rapide dégradation de l’environnement due à des pratiques de cultures basées sur l’agriculture itinérante sur brûlis et un élevage pauvre et extensif. La population estimée à plus de mille habitants est essentiellement composée de 2 ethnies, les Yaana, et de Peulhs.

La population de Welguemsifou, entièrement agricole, peine à trouver la voie du développement et les femmes continuent à moudre le mil de la façon traditionnelle qui est celle d’utiliser deux pierres. L’une, la plus grosse, est fixée sur un support en terre battue et la  plus petite, tenue dans les mains de la femme, permet par frottement des deux, d’écraser les grains (de mil, de sorgho, de maïs, de haricot…).

Cette activité, directement héritée des ancêtres, est rude, harassante et dangereuse pour les mains et nécessite beaucoup de temps pour avoir une certaine quantité de farine pour le repas d’une nombreuse famille (généralement entre dix et vingt personnes, très souvent même plus). Certaines avaient fait le choix de faire une quinzaine de kilomètres à pied afin de faire moudre le grain au moulin le plus proche mais elles ont du renoncer, les kilomètres plus le poids du grain rendant la tâche encore plus ardue. De plus, cette activité est strictement féminine, comme beaucoup d’autres corvées comme la collecte de bois de chauffe, la cuisine, le puisage d’eau de consommation domestique, l’hygiène de la concession, le soin et l’hygiène des enfants, l’ensemencement des champs, les récoltes…

Telle est la situation des femmes du Koulpélogo et donc celles de Welguemsifou. Ce village est loin du chef lieu de la province et du département de Yondé, qui disposent de moulin à grains. Et pourtant l’usage de moulin permet aux femmes de disposer de plus de temps et d’avoir de la farine moulue facilement pour préparer les repas après les travaux champêtres et autres activités qui occupent leur temps. 

Les avantages et la pérennisation du projet :

  • Le moulin contribue déjà à débarrasser les femmes de l’une des plus importantes corvées et leur donner ainsi plus de temps de se consacrer à d’autres activités.

  • C'est un des plus important lieu de rencontre et d’échanges des femmes de Welguemsifou. A ce titre, il redonne naissance à un petit marché, prélude à l’établissement d'échanges plus importants entre Welguemsifou et les villages environnants.

  • Ce lieu est également utile pour les femmes des villages voisins, eux aussi isolés.

  • Des activités génératrices de revenus vont connaître un essor et accroitre ainsi le pouvoir économique des femmes.

  • L’installation du moulin améliore la qualité des repas dans les familles notamment le plat local qu’est le ‘’sagabo’’, sorte de pâte faite à partir de farine du petit mil, du sorgho, du maïs et bien d’autres céréales.

  • Economies sur l’achat des céréales avec la partie réserve du local.

  • Les revenus générés par l’activité du moulin permettent de financer l’acquisition des pièces de rechanges et le fuel pour le fonctionnement du moulin. D’autres activités de pérennisation sont conduites sous la supervision de IDEBAK, en partenariat avec l’association française Aide et Partage Burkina et en accord avec la population de Welguemsifou, notamment les femmes.

Ce projet, fonctionnel depuis juillet 2016, s'est terminé en décembre 2016 avec la construction d'un grenier à grains, attenant. Les villageois sont très satisfaits de cette réalisation qui apporte un réel bienfait dans le quotidien de tous. 

Le comité de gestion mis en place dès le début de la construction, fonctionne bien et la pérennisation est assurée. Un livret d'épargne a été ouvert afin de palier à l'entretien et aux éventuelles réparations qu'il pourraient y avoir.